« Chauds bouillants » les supporters d'On ? Des hools, des vrais ? On a voulu voir ça de plus près dimanche passé, à Saint-Hubert.
Daniel JONETTE
Il est des termes qui reviennent plus souvent que d'autres dans les éructations des supporters. En D1 comme en P3. Chez ceux de la RUS On par exemple, que nous avons suivis récemment. On vous épargnera toutefois les détails de ces messages pieux et autres compliments chaleureux .
Impolis ? Violents ? Qui sont vraiment ces ultras onais dont on dit tant de mal dans notre province du foot ? Qui prolongent parfois les troisièmes mi-temps jusqu'au match des réserves du lendemain. Et qui traînent derrière eux quelques belles casseroles. Incidents à Vecmont, Awenne et Poupehan notamment. Cette dernière affaire était d'ailleurs à l'ordre du jour du tribunal correctionnel de Neufchâteau mardi.
Alors quoi ? Juste quelques trublions occasionnels ou carrément des hools dignes des heures les plus sombres du football anglais ? Fallait qu'on voit ça de plus près.
Saint-Hubert - On dimanche passé, sixième de III D face au leader. Un choc, quoi ! Et une centaine de personnes pour ceinturer le vétuste stade de la rue des Prés. L'archaïque tribune latérale, mi-tôle mi-béton, est sans doute là pour rappeler le passé promotionnaire des Borquins, époque seventies. Hommage aux Félix, Dumont et autres Colle, les vraies stars de l'endroit.
C'est là que les fans onais se sont regroupés. Côté droit. Une quinzaine tout au plus. Mais on dit qu'ils sont souvent plus du double. La grippe A peut-être. Une quinzaine donc. Et pas vraiment des adeptes du régime salade verte. Le look ? Disons d'un genre qui ne déparerait pas dans les travées de Hull ou de Wolverhampton. Ou dans un film de Ken Loach. Une fille aussi, une seule, qui a suivi son copain. Et deux petits jeunes. Des stagiaires sans doute. Trois casquettes. Trois casiers. Et l'arrière de la tribune comme passage obligé, urinoir le plus proche en fait.
Côté gauche, quelques Borquins. Supporters plus hétéroclites. Hommes, femmes, enfants, vieillards. Et un petit comique. Allure frêle, lunettes design. Un brin provocateur, téméraire même : « On n'entend pas chanter les Rouge et Bleu (NDLR : couleurs portées par les Onais ce jour-là). »
Ambiance garantie, presque surprenante à ce niveau
Eh bien si, on va les entendre. Pas de suite cependant. 65e minute, pas avant. Le 4-2 inscrit par le Borquin Vincent sonne le réveil onais. « Qu'on montre qu'on a des c... », lance un joueur. Le side famennois, lui, montre qu'il a du coffre. Malgré la réplique borquine venue essentiellement de l'arrière d'un des buts, il va, tel un ensemble bien rodé, porter les siens à l'assaut du but adverse. Ambiance garantie, presque surprenante à ce niveau. Et ça marche : 4-4, score final.
Oui, mais la fight dans tout ça ? Un peu d'agressivité verbale, quelques remarques colorées, l'arbitre en cible principale, rien de plus. On nous aurait menti ? Ou, plus probable, on les aurait changés ? Deux points galvaudés, mais pas d'animosité pour autant. C'est paisiblement qu'ils se dirigent vers la buvette pour la troisième mi-temps. Où on apprend que Vesqueville en a pris dix-huit à Hargimont. Et ça, c'est vraiment violent !